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Première visiste chez l'urologue et cystoscopie

Lavement et examen de la prostate

Six mois s'étaient écoulés depuis la première rencontre de Marc avec l'Urologue, six mois au cours desquels Marc avait scrupuleusement suivi le traitement prescrit, non sans une certaine appréhension à l'idée du second rendez-vous. Il avait beau être un homme de caractère, l'image du docteur, de ses gestes brusques et de son efficacité implacable, était restée gravée dans son esprit. Aujourd'hui, il était de retour, et l'inquiétude se mêlait à une résignation teintée de curiosité.

« Marc, Entrez ! » La voix du Docteur était inchangée, toujours aussi directe.

Marc pénétra dans la pièce. Le docteur ne perdit pas de temps avec les politesses. « Aujourd'hui, nous allons approfondir l'examen de votre prostate. Nous commencerons par un lavement. Veuillez vous déshabiller et vous allonger sur le côté sur la table. »

Marc obéit, le cœur battant. Cette fois, il ne se ferait pas surprendre. Il était mentalement préparé à l'inconfort.

Le docteur préparait déjà un étrange appareil. Marc observa une canule, fine mais d'apparence rigide, munie de deux petits ballonnets. L'un semblait destiné à rester à l'extérieur, l'autre à l'intérieur.

« Je vais introduire cette canule. Le ballonnet intérieur maintiendra la canule en place, et le ballonnet extérieur assurera l'étanchéité. Vous sentirez une pression. »

L'introduction fut rapide et, comme prévu, sans aucune douceur. Marc grimaça. Puis vint le moment où le Docteur gonfla le ballonnet intérieur. Une sensation de plénitude et de gêne envahit Marc. C'était une pression sourde, grandissante, qui n'avait rien à voir avec la douleur physique habituelle. Le docteur continua de gonfler jusqu'à ce que Marc ne puisse s'empêcher de protester : « Ça suffit, Docteur, c'est vraiment inconfortable ! »

« C'est le but, Marc. Il faut une bonne étanchéité pour que le lavement soit efficace, » répondit le Docteur d'un ton monocorde, sans cesser sa manipulation jusqu'à un niveau que Marc jugea être la limite de son supportable. Puis il gonfla le ballonnet extérieur, achevant de sceller le dispositif.

Ensuite, le docteur connecta la canule à une machine. « Nous allons procéder au lavement. Je vais remplir et vider votre intestin à plusieurs reprises avec une solution saline. Tâchez de vous détendre. »

La machine commença son œuvre. Marc sentit le liquide chaud envahir ses entrailles, provoquant une sensation de gonflement et d'urgence de plus en plus forte. Chaque cycle de remplissage était une épreuve, une lutte silencieuse pour retenir le contenu, tandis que le Docteur observait le processus avec la même indifférence clinique. Le liquide se vidait ensuite, emportant avec lui les impuretés. Le processus se répéta plusieurs fois, chaque cycle étant plus difficile que le précédent pour Marc. Il serrait les poings, respirait bruyamment, mais le docteur restait impassible.

Une fois le rinçage terminé, la canule était toujours en place. « Maintenant, pour parfaire le nettoyage et ses propriétés antiseptiques, nous allons insuffler de l'ozone. Vous sentirez une sensation de froid et peut-être une légère irritation. »

L'ozone fut insufflé. Une sensation étrange, fraîche et un peu piquante, se répandit à l'intérieur de Marc. Il eut l'impression que ses entrailles étaient nettoyées à fond, une sensation à la fois désagréable et, étrangement, purifiante.

Enfin, le Docteur déclara : « Le lavement est terminé. » Il dégonfla les ballonnets et retira la canule d'un geste sec.

Au moment précis où la canule fut retirée, le corps de Marc, libéré de la contrainte, ne put retenir une énorme et bruyante flatulence. Le son résonna dans le cabinet silencieux, et une rougeur monta aux joues de Marc, malgré sa carapace de rugbyman. Il était mortifié.

Le Docteur, lui, ne fit qu'esquisser un imperceptible sourcil. « C'est tout à fait normal après un tel procédé, Marc. Inutile de vous en faire. » Il était clair qu'il n'y avait là ni jugement ni réconfort, juste une constatation factuelle. « Maintenant, tournez-vous sur le dos. Nous allons passer au toucher rectal et à l'échographie. »

Marc s'exécuta, toujours un peu honteux. Il sentit une nouvelle fois la rigidité des gants du docteur, l'absence totale de délicatesse lors du toucher rectal. Ce fut une exploration profonde et méthodique, sans aucune tentative d'apaisement.

Puis vint l'échographie endorectale. L'introduction de la sonde fut une épreuve en soi, une nouvelle invasion qui se fit sans ménagement. Le Docteur commença l'examen, manipulant la sonde avec une détermination inébranlable, commentant ses observations à voix haute pour lui-même, tandis que Marc, les muscles tendus, le regard rivé sur l'écran affichant des images abstraites de son intérieur, sentait le temps s'étirer à l'infini.

« La glande est volumineuse, mais homogène... Pas de nodule suspect... La capsule est intacte... »

Chaque mouvement de la sonde était ressenti par Marc comme une intrusion. Il avait l'impression que cet examen durait une éternité, chaque seconde soulignant la brutalité et le manque de douceur du docteur. Il avait le souffle court, ses mains serraient les bords de la table, mais il se forçait à rester immobile, à encaisser.

Finalement, le Docteur retira la sonde avec la même efficacité brute. « Bien. Vous pouvez vous habiller. »

Marc se leva, épuisé, mais avec le sentiment d'avoir traversé une épreuve. Il se sentait à la fois vidé et paradoxalement soulagé.

Une fois rhabillé, le docteur était déjà assis à son bureau, le visage toujours aussi impassible. « Les examens sont concluants. L'hypertrophie prostatique est confirmée, mais aucun signe de malignité. C'est une bonne nouvelle. Nous allons ajuster votre traitement et revoir les effets dans un an. »

Marc, physiquement et émotionnellement éprouvé, acquiesça. « Merci, Docteur. »

Le Docteur le regarda brièvement. « Mon rôle est de vous soigner, Marc. Pas de vous dorloter. » Ce fut la seule phrase qui brisa, l'espace d'un instant, son approche purement clinique.

Marc sortit du cabinet, le corps endolori, l'esprit un peu secoué. Mais au fond de lui, un sentiment de gratitude envers ce médecin rude mais efficace commençait à émerger. Il avait affronté l'inconfort, l'embarras, et en était ressorti avec la certitude d'être en bonne santé. Et pour l'ancien rugbyman, ça valait bien quelques minutes d'humiliation et de douleur.