Première visiste chez l'urologue et cystoscopie
Première Coloscopie
Quelques semaines plus tard, l'enveloppe du cabinet du généraliste contenait l'ordonnance pour une coloscopie. Marc, qui commençait à se sentir plus vulnérable qu'un demi de mêlée sans ses avants, prit rendez-vous à la clinique.
Le nom du gastro-entérologue le figea un instant : Dr. Éric L. Marc se rappela aussitôt : Éric, un troisième ligne talentueux, avec qui il avait partagé les vestiaires, la boue et les troisièmes mi-temps légendaires vingt ans auparavant.
La perspective de se faire manipuler ainsi par un ancien coéquipier ajoutait une couche de gêne à son anxiété.
Le Dr. L. n'avait guère changé, le même air de force tranquille, mais avec l'autorité sérieuse du clinicien.
« Marc ! Quel plaisir... dans d'autres circonstances, » lança Éric avec une familiarité professionnelle. « Je vois que tu n'as pas perdu un gramme de ta force. Mais passons aux choses sérieuses. Même protocole qu'avec l'Urologue, je crois ? »
Marc confirma, le ton monocorde : « Oui. Un urologue. »
« Alors, tu connais la musique, » dit Éric, désignant la table. « Nous avons besoin d'une préparation intestinale impeccable. Et cette fois, je pousse le nettoyage. Allonge-toi sur le côté. »
La Préparation Accélérée
Le lavement commença. La canule à double ballonnet fut insérée, et les ballonnets gonflés. Marc ressentit de nouveau cette pression familière, mais rapidement, l'intensité monta d'un cran. Le Dr. L., secondé par une assistante qui surveillait silencieusement l'appareil d'électrocardiogramme (ECG) et le brassard de tension, augmenta la pression de la machine à lavement.
« Tiens bon, Marc. La machine va travailler plus fort. Il faut que ce soit parfait pour l'examen. »
Le liquide pénétra avec une force accrue, distendant ses intestins au-delà de ce que l'urologue avait osé. Les cycles de remplissage et de vidange s'enchaînèrent, plus rapides, plus puissants. Marc sentit des crampes aigües, des vagues de douleur pressurisée qui lui coupaient le souffle. Il sentait la présence constante de l'assistante qui, à intervalles réguliers, annonçait les chiffres : « ECG stable, tension... 15/9. Ça tient. »
L'examen n'avait même pas commencé, mais Marc était déjà au bord de l'épuisement. Il était vidé, rincé, ses muscles internes tressautaient sous l'effort forcé.
Après une longue série de rinçages intenses, Éric passa à l'étape finale du nettoyage. Il introduisit l'ozone, mais cette fois en quantité plus importante. La sensation piquante était plus vive, Marc avait l'impression d'être stérilisé de l'intérieur.
Lorsque le Dr. L. retira la canule, les sphincters de Marc, sur-sollicités par la pression et le nettoyage prolongé, se relâchèrent sous la contrainte. Une série de flatulences sonores et prolongées échappèrent à tout contrôle, plus embarrassantes encore que la fois précédente.
« L'évacuation est complète, » commenta Éric, imperturbable, ignorant l'embarras de son ancien coéquipier. « Cela fait partie du processus. Maintenant, prépare-toi pour la coloscopie. »
La Coloscopie Sans Anesthésie
« Pas d'anesthésie aujourd'hui, Marc, » annonça Éric. « Je veux que tu puisses me signaler le moindre point douloureux précis. C'est plus précis pour le diagnostic. »
Marc, épuisé par le lavement, sentit une vague de panique. Il savait que l'examen pouvait être très douloureux sans sédation.
Éric prépara le coloscope, un instrument plus long que le cystoscope, et commença l'insertion.
L'examen débuta par l'insufflation d'air nécessaire pour ouvrir le côlon et permettre la progression de la caméra. Ce fut le premier choc réel. L'air, injecté à froid, força la paroi intestinale, créant une douleur de distension terrible, une crampe interne qui ne cessait de grandir.
Marc gémit. Il avait encaissé des charges de piliers de première ligne, mais jamais il n'avait ressenti une telle pression de l'intérieur.
« On avance doucement. Encore un peu d'air, » ordonna Éric, le regard fixé sur le moniteur.
Le docteur manipulait le coloscope. Chaque virage dans les méandres du côlon de Marc se traduisait par une douleur vive et localisée. L'écran de contrôle de l'ECG et de la tension de Marc clignotait au-dessus de sa tête, l'assistante lisant les chiffres, mais l'examen continuait, lent et méticuleux.
« On est au niveau de l'angle splénique, ça tourne... Pousse un peu, Marc ! » commandait Éric.
Marc, soumis, devait se forcer à "pousser" malgré la douleur lancinante, pour aider l'instrument à progresser. L'intimité et la vulnérabilité étaient totales.
Le temps s'étira. L'examen était long, le Dr. L. prenait son temps, étudiant chaque pli, chaque recoin. La progression, les torsions de l'intestin, l'air qui s'accumulait, tout contribuait à un inconfort maximal qui frôlait la torture. Marc transpirait, les larmes lui montaient aux yeux non pas par chagrin, mais par l'intensité de la douleur physique. Il se sentait à la fois l'objet d'une dissection et le participant forcé à son propre supplice.
Finalement, après une éternité marquée par les « On arrive au cæcum… On est au bout ! » du docteur, l'instrument commença sa lente retraite.
Le Dr. L. retira doucement le coloscope, puis se tourna vers Marc, qui était trempé de sueur.
« Bravo, Marc. C'était un peu long, mais on a tout vu. C'est propre. Rien d'inquiétant. Tu as été un roc. Toujours aussi solide sur les appuis. » Le compliment sonnait étrangement creux au vu de l'épreuve qu'il venait d'endurer.
Marc, vidé, mais soulagé de la fin de l'épreuve, se sentait comme après une défaite particulièrement humiliante, mais où il était le seul survivant sur le terrain.