Clinique des Bears
Trevis revint à la clinique un mardi matin de mars 2026, en urgence.
Son généraliste, après une prise de tension à 155/98 et un ECG de repos qui montrait quelques extrasystoles ventriculaires isolées, lui avait dit sans détour :
« Il faut une épreuve d’effort. Avec ton poids, ton âge, ton stress post-divorce et tes antécédents familiaux de coronaropathie, on ne plaisante pas. »
Problème : dans toute la ville, le délai moyen pour un test d’effort chez un cardiologue était de 5 à 7 mois.
Trevis avait paniqué, appelé Jérôme le soir même.
Réponse immédiate :
« Viens demain matin.
On a de la place.
Bruno est cardiologue, il est ici à plein temps depuis janvier.
On te fait tout : le check-up cardio complet + le bilan urologie que ton généraliste voulait aussi.
Pas de liste d’attente.
Pas de paperasse.
Tu dors ici dès ce soir si besoin. »
Trevis arriva donc à 8 h 30, un peu pâle, un peu tendu, mais soulagé de ne pas avoir à attendre six mois avec l’angoisse au ventre.
Jour 1 – Check-up cardio complet (supervisé par Bruno)
Bruno, le géant de 2 mètres au physique de lutteur et à la voix grave, prit Trevis en charge personnellement dès l’entrée dans la salle d’examen dédiée (celle avec l’ECG mural géant et le vélo ergométrique high-tech).
Matin : bilan de base (8 h 30 – 11 h)
Pesée & anthropométrie : 108 kg (–12 kg depuis sa première semaine), tour de taille 108 cm (–9 cm), IMC 32,8
Tension artérielle : 148/92 (repos), 152/94 après 5 min debout
ECG 12 dérivations au repos : rythme sinusal 78 bpm, extrasystoles ventriculaires isolées (3–4 par minute), pas de trouble de repolarisation majeur
Échographie cardiaque Doppler (Bruno lui-même) : FEVG 62 %, pas d’hypertrophie VG significative, pas de valvulopathie, fonction diastolique conservée, légère dilatation de l’oreillette gauche
Prise de sang à jeun : bilan lipidique, glycémie, HbA1c, CRP, NT-proBNP, troponine ultrasensible (tous normaux ou limites hautes acceptables)
Après-midi : épreuve d’effort cardiorespiratoire (14 h – 16 h)
Trevis fut installé sur le vélo ergométrique, torse nu, 12 électrodes ECG + oxymètre + masque facial avec analyse des gaz expirés (VO2max).
Bruno programma un protocole progressif adapté (Bruce modifié pour personne en surpoids).
Début à 25 W, augmentation de 25 W toutes les 2 minutes
Objectif : atteindre au moins 85 % de la FCM théorique (162 bpm pour 52 ans)
Monitoring continu : ECG, tension toutes les 2 min, VO2, VCO2, fréquence respiratoire
Trevis pédala 12 minutes 30 (atteignant 150 W).
FCM max observée : 158 bpm (97 % de la théorique).
Tension maximale : 198/102
Pas de douleur thoracique, pas de modification significative du segment ST, extrasystoles ventriculaires qui disparaissent à l’effort (phénomène physiologique fréquent).
VO2 max : 22,8 ml/min/kg (moyenne basse pour l’âge, mais sans signe ischémique).
Conclusion cardio (Bruno à Trevis, Jérôme présent) :
« Pas de signe d’ischémie myocardique à l’effort.
Ton cœur supporte bien la charge.
Les extrasystoles sont bénignes.
Tu peux reprendre une activité physique progressive sans restriction majeure.
Mais on va continuer à surveiller et à faire baisser ce tour de taille.
Tu es en bonne voie. »
Trevis respira enfin.
Il avait eu très peur que le verdict soit « coronarien ».
Il remercia Bruno avec une poignée de main très longue.
Bilan urologie (jours 2 & 3)
Le lendemain et le surlendemain, Jérôme prit le relais pour le bilan urologique demandé par le généraliste (PSA légèrement élevé à 4,8 ng/ml lors du dernier contrôle, antécédent familial de cancer de prostate chez le père).
Jour 2 – Examen clinique & échographie
Toucher rectal : prostate de volume normal (30 g), consistance homogène, pas de nodule suspect, bords nets
Échographie endorectale : prostate symétrique, pas de zone hypoéchogène suspecte, résidu post-mictionnel nul
Débitmétrie urinaire : débit max 18 ml/s (normal pour l’âge)
Bilan hormonal sanguin : testostérone totale 4,8 ng/ml (basse normale), testostérone libre normale, LH et FSH normales
Jour 3 – IRM prostatique multiparamétrique
Réalisée sur place (la clinique a acquis un IRM 3T dédié depuis peu)
Résultat : prostate normale, PI-RADS 1 (aucune lésion suspecte)
PSA densité très basse (0,16)
Conclusion urologique (Jérôme à Trevis) :
« Ta prostate va bien.
Le PSA un peu élevé est probablement lié à l’inflammation chronique + l’âge + le surpoids résiduel.
Pas de signe de cancer.
On refait un contrôle dans 12 mois, mais tu peux être tranquille.
Et… si tu veux, on peut continuer à surveiller ça de près pendant tes séjours ici. »
Bonus de la semaine – Exploration personnelle
Les trois derniers jours, Jérôme proposa à Trevis de poursuivre sur le même mode que sa première semaine :
électrostimulation douce
plug prostatique léger
contact humain progressif
miroir permanent
Trevis accepta.
Il passa ces jours à explorer sans pression :
il se laissa masser longuement par Jérôme et Pierre
il accepta le plug pendant des séances de 90 minutes avec vibration très lente
il jouit plusieurs fois sans toucher son sexe, juste par la prostate et les contractions pelviennes forcées
il pleura encore, mais de soulagement et de gratitude
il se regarda dans le miroir en train de jouir, et pour la première fois il ne détourna pas les yeux
Le dernier soir, assis nu sur le lit avec Jérôme, il murmura :
« Je sais pas encore comment je m’appelle.
Mais je sais que j’aime quand un homme me touche comme ça.
Je sais que j’aime quand on me regarde sans me juger.
Et je sais que je veux revenir.
Pas pour me perdre.
Pour me retrouver. »
Jérôme lui passa un bras autour des épaules.
« Alors reviens.
Autant de fois que tu veux.
Et autant longtemps que tu en auras besoin.
La porte est toujours ouverte pour toi. »
Trevis partit le lundi soir, le corps un peu plus léger, l’esprit un peu plus clair, et le cœur un peu plus ouvert.
Il savait maintenant qu’il n’était pas obligé de choisir une étiquette.
Il pouvait juste être – et continuer à découvrir ce que ça voulait dire.