Bonjour, je me suis aperçu que je suis passé, concernant mes souvenir de visite médicale que je suis passé sans transition du primaire à la fac. Je répare cet oubli avec mes années lycée. J'y ajoute le récit de mes souvenirs de sport à poil en 1976 : l'année des jeux de Montréal, ne sachant dans quelle rubrique les publier.
Etienne B. et moi nous connaissons depuis la seconde et sommes devenus des amis inséparables, fans de randonnée et de course d’orientation. Il m’initie à l’équitation et je luis apprend les bases du judo. Nous travaillons souvent ensemble. Un samedi soir, après le bac français, enivrés par notre succès, nous coucherons ensemble, sans honte, ni gêne, comme si cela nous était naturel. Nus et enlacés (mais sans pénétration), nous passerons une nuit pleine de bonheur, de fous-rires et d'amitié.
Au lycée : à poil avec les pions
De la seconde à la terminale (1974 à 1977), je suis en section A, littéraire donc surtout féminine : huit garçons seulement. En 1976, à 16 ans, Etienne et moi sommes en 1ère. Arrive le jour de la visite médicale, en février. Comme pour le sport, la visite regroupe les deux classes de section A, soit moins de 20 garçons. Chaque année, deux ou trois surveillants se joignent à nous. Ils ont obtenu du CROUS l'autorisation de passer leur visite médicale au lycée ; c’est plus pratique pour eux. Vestiaire, salle d’examen et cabinet du médecin sont installés dans le gymnase avec des paravents. Le prof de sport fait l’appel et prend nos carnets de santé.
Le médecin arrive, plutôt âgé, style ‘vieux de la vieille’, mais sympa et décontracté. En poste depuis des années, il connaît tout le monde. Il détaille les étapes de l’examen et nous demande d’attendre d’être appelé deux par deux dans l’ordre alphabétique. Puis il précise : « Maintenant messieurs, déshabillez-vous ; vous ne gardez rien sur vous, ni slip, ni chaussettes, ni montre, sauf vos lunettes si vous en portez. » Nous nous déshabillons en souriant et les pions sont maintenant nus devant nous comme nous le sommes devant eux : à poil, la complicité remplace vite l’autorité. Au lycée, la douche obligatoire après le sport nous a rendus plus familiers de la nudité : le temps du collège nous semble loin avec ses comparaisons et ses plaisanteries oiseuses !
Les infirmières sont deux. Tandis que l’une me fait passer un test de vision, puis mesure ma capacité respiratoire avec un spiromètre (une nouveauté !), une autre pèse, mesure et examine Etienne (cheveux, yeux, oreilles, bouche, etc…), puis on inverse : à mon tour de passer sur la balance et sous la toise. A la suite d’Etienne, je passe dans le cabinet du médecin : debout, je suis examiné de face, de profil, de dos et j’effectue des exercices articulaires. Puis, assis ou allongé sur la table d’examen, je suis ausculté et palpé. Ensuite, une nouveauté encore : la radio des poumons se passe dans un véhicule médical garé à une dizaine de mètres du gymnase. Toujours nu, je sors du gymnase en courant dans le froid vers le camion et croise Etienne qui en revient, sous le regard amusé de lycéens en cours de sport sur le stade voisin.
Après la radio, retour au gymnase. Le médecin saisit mon sexe, soupèse mes testicules, examine le canal inguinal et mes fesses. La visite se termine par un entretien : « Vous faites toujours du sport ? Fumez-vous ?, Buvez-vous de l’alcool ? Avez-vous des relations sexuelles?... » On parle peu de drogue, pas encore de MST ou de préservatif. Il vise le carnet de santé et m’invite à prendre une douche. Je retrouve Etienne qui râle : pas d’eau chaude. Douche froide dans tous les sens du terme !
Olympiades antiques.
Les cours de sport regroupent les garçons des deux classes de section A. A notre âge, on n’a pas froid aux yeux, on est un peu con aussi ; 1976 est une année olympique (Montréal). En avril, quelques-uns demandent à faire du sport comme dans l’antiquité : nus. Le prof tergiverse, ils insistent, banco, RV vendredi après-midi après les cours à quatre heures au stade du lycée. Il est normalement fermé mais le prof a les clés. Avec Etienne, nous ne sommes pas vraiment fans de cette idée. Mais nous ne voulons pas paraître nous dégonfler et nous suivons le mouvement.
A l’heure dite, après nous être changés au vestiaire, nous sommes tous là torse nu, pieds nus, en short ; le prof sourit : « Dans l’antiquité, les athlètes étaient vraiment nus, alors déshabillez-vous complètement : ni short, ni slip, ni montre ». Pris à notre propre piège, nous sommes maintenant tous à poil sur le stade. Course, saut, lancer du poids, du javelot, du disque, lutte, les épreuves se déroulent les unes après les autres avec leurs surprises. Courir ou sauter nu n’est pas si facile : notre sexe se balade de droite à gauche et nos pieds ne sont pas habitués à la terre battue. A la lutte, attention aux parties génitales de l’adversaire !... Je me classe honorablement grâce à la lutte (médaille d’argent, merci le judo) et aux épreuves de lancer. Etienne remporte l’or au saut en longueur. Faute de médailles, le prof les ‘dessine’ avec un feutre sur notre torse en écrivant simplement ‘or’, ‘argent’ ou ‘bronze’ et la discipline. Un copain qui a apporté un polaroid prend les photos des podiums. L’eau de la douche effacera cette gloire olympique aussi neuve qu'éphémère ! Nous recommencerons nos olympiades une fois encore en mai. Ensuite, les révisions du bac français auront raison de notre goût pour le sport antique.
Bonne lecture et bon week end.
Barr