@bri83
La démarche de votre gynécologue est tout à fait pertinente. Considérant votre historique, il convient, au moyen de l’échographie transvaginale de mesurer l’épaisseur de votre endomètre et vérifier l’absence de polype ou autre fibrome. La sonde étant introduite, il est possible de regarder l’état de vos ovaires. Le toucher vaginal n’a ensuite, dans ce cas, aucun intérêt.
Oui, pour répondre clairement à votre question, l’échographie par voie basse rend inutile le toucher et doit en dispenser.
Je suis par contre très étonné de la propension de certains praticiens à réaliser une échographie systématique. J’ai déjà dit et je confirme que la technologie est un outil permettant d’affiner un diagnostic pour lequel les doigts gantés du médecin sont l’instrument exploratoire de base. Le toucher vaginal de première intention reste s’imposer et est la plupart du temps suffisant.
Si on va dans ce sens, on peut imaginer que, dans un avenir proche, ces gynécologues ne pratiqueront plus la palpation des seins et se rangeront derrière une échographie mammaire.
Qui sait si, demain, le gynécologue formé par la Faculté ne sera pas remplacé par un technicien en imagerie et que l’Intelligence Artificielle n’établira pas directement le diagnostic ?
C’est, selon moi, une dérive. La seule explication que je pourrais trouver est dans le risque médico légal. En effet, dès lors que les patientes sont toujours plus promptes à engager un avocat en cas de problème, le risque de mise en cause du médecin est majoré (et les primes d’assurance responsabilité civile exorbitantes le confirment). Face à un procès, l’iconographie échographique pourra prouver que l’obligation de moyens a bien été respectée.
Les gynécologues modernes savent ils encore utiliser leurs doigts ? et leurs yeux ?
Il me revient comme information que depuis la mise en place du test HPV à fréquence de 5 ans, certains praticiens ne posent plus de spéculum aux visites intermédiaires. Pourtant l’aspect du vagin et du col est un indicateur important et je n’imagine pas ne pas les regarder à chaque fois. Le cas échéant, une petite coloration à l’acide acétique ou au lugol précisera les choses.
Serait ce une différence d’appréciation générationnelle ?
Peut être ? Mais perso je reste fidèle au contenu conventionnel de la consultation de routine en gynécologie.