Madame Clyso fait partie des nombreuses patientes qui voient leur gynécologue partir en retraite sans qu’un-e remplaçant-e ne reprenne le cabinet.
Ceci est essentiellement du au fait que la médecine de la femme était une spécialité intéressant les étudiant-e-s des années 70-80. On sortait de l’après 1968, de la libération des mœurs et les jeunes femmes revendiquaient le droit à gérer leur santé sans passer par le « vieux » médecin de famille.
La contraception par pilule explosait et Simone Veil faisait adopter la loi sur le droit à l’avortement.
Ensuite, on a ronronné et le nombre de médecins formés a été limité.
Aujourd’hui, les trentenaires des années 80 sont devenus des septuagénaires et déposent leur plaque.
Si on ajoute le fait que la patientèle devenue plus procédurière a fait exploser les tarifs des assurances en responsabilité des gynécologues, la spécialité est devenue moins attirante et de nombreux territoires se sont désertifiés.
Heureusement, depuis quelques années, les sages femmes ont vu leur champ de compétence élargi et elles sont aujourd’hui tout à fait habilitées à assurer le suivi de la santé d’une femme, même hors situation de grossesse.
De nombreux cabinets libéraux se sont ouverts et je ne doute pas que Madame Clyso comme tant d’autres pourra en trouver un dans sa zone géographique de résidence.
Je ne veux bien sûr pas opposer les sages femmes aux gynécologues mais on doit reconnaître que, pour les visites annuelles et le dépistage de base, elles ont des compétences largement suffisantes.
Bien sûr, et c’est leur éthique, elles sauront orienter la patiente vers un médecin spécialiste en cas de doute ou de besoin d’un avis expert.