Mon 1er RDV chez un urologue s’est déroulé dans un CHR :
Je suis un Homme de 64 ans. Mon 1er RDV en urologie s’est déroulé en 2017.
A l’époque, je me réveillais une à deux fois par nuit pour uriner. A cause de cela, j’étais crevé en journée.
J’en ai parlé lors d’une visite chez mon médecin généraliste. C’est un sujet un peu gênant donc c’est à la fin d’une consultation sur un autre sujet que je lui ai expliqué mon problème.
Il m’a demandé de prendre RDV avec un urologue, en m’expliquant que c’est le spécialiste du système urinaire.
Il m’a donné un courrier à présenter à l’urologue en indiquant : le patient urine 1 a 2 fois par nuit, symptôme de nycturie ( mot barbare pour le fait d’uriner la nuit)
Il ne m’a rien dit sur la suite et ne m’a pas proposé de m’examiner. J’étais lâcher dans la nature.
A l’époque, il n’y avait par d’application de réservation de docteur, on devait appeler les secrétariats par téléphone pour prendre RDV.
Ne connaissant pas d’Urologue, j’ai appelé le CHR de ma région pour prendre RDV.
Le 1er contact avec cette discipline a été assez déroutant et gênant. Les secrétaires travaillent à la chaîne et sont du genre directes : pourquoi vous appeler? Quel motif? Vous avez un soucis de prostate, Hypertrophie, reinal..?
On se retrouve à parler de son intimité par téléphone..
On me donne enfin un RDV, trois mois après, début juillet.
Au plus je m’approchais du RDV, au plus je stressé. Je m’étais renseigné et je savais que l’urologue était amené à palper les parties génitales externes ( les testicules et la verge) et interne ( la prostate ) avec le fameux toucher rectal tant redouté par tous les Hommes.
A la différence des Femmes qui sont habituées à montrer leur intimité aux gynécologues chaque année et tôt dans leur vie, Nous, les Hommes, c’est très rare que l’on se retrouve dans cette situation.
Généralement, les seuls moments où on se retrouve à être examiné dans notre intimité, c’est chez le pédiatre, en visite médicale scolaire obligatoire et autour de 50 ans quand on a des soucis urinaires.
Le jour du RDV arrive, il fait beau j’étais vraiment en stress. Je n’avais aucune consigne : Est ce que je devais uriner avant?, est ce que je devais aller aux toilettes pour vider le rectum avant le RDV?
J’avais des peurs du type : il faut que je sois propre à l'intérieur, il ne faut pas que j’ai un début d’erection, ce serait la honte.
Le RDV a lieu dans un CHR assez immense donc je me entrouvre à me garer loin de l’entrée principale. Donc c’est la course pour y aller.
Je suis habillé léger, en polo sans veste car c’est l’été.
Je cherche le service « urologie « dans la liste sans fin des spécialités ( gastro-entérologie, cardiologie, gynécologie …)
C’est au 1er étage, je m’y rend avec la boule au ventre.
J’y arrive enfin, c’est un hall assez immense avec du monde qui est assis, un accueil avec au moins trois personnes en blouse blanche assises derrière. Des Hommes et Femmes en blouse blanche déambulent dans la salle d’attente.
C’est un peu l’usine.
je n’ai plus trop le choix, je me dirige vers les personnes de l’accueil pour leur présenter le courrier de RDV qu’on m’avait adressé. Après les paperasseries et autres carte vital, on me demande de m’assoir dans ce grand hall d’attente, l’urologue viendra me chercher.
Je stresse de plus en plus, surtout en entendant les médecins se présenter et égrener des noms. Puis en voyant les gens autour de moi, partir les uns après les autres en suivant ces médecins, vers un couloir.
J’avais l’impression qu’ils partaient vers l’abattoir.
J’entends qu’on appelle mon nom, voilà c’est mon tour…
Je me lève et je regarde le médecin, un homme , la trentaine. Il se présente et me demande de le suivre. On se dirige vers ce couloir et après quelques mètres, j’étais tellement en stress que j’ai une grosse envie d’uriner …
Je lui demande si il y a des toilettes car je ne me vois pas aller à la consultation avec ce besoin d’uriner.
Il me dit c’est la sans d’autres mots, donc j’en déduis qu’il n’est pas nécessaire d’avoir envie d’uriner lors de la consultation.
Je ressorts et on s’engage dans ce couloir, long avec des portes de chaque côté et des chaises placées à côté des portes, avec des patients assis dessus.
Au plus on avance, au plus je vois des pièces ouvertes avec du matériel particulier dedans, dont des fauteuils de type gynécologiques, avec des supports pour les jambes. Mon stress grandit.
J’étais de plus en plus pâle…
Enfin au bout du couloir, le médecin m’invite à entrer dans une pièce de consultation.
J’y pénètre et je regarde la pièce plutôt petite avec sur la gauche, un bureau avec deux chaises, puis le bureau, puis une chaise et sur le coin à droite, une table d’examen classique qui tourne le dos au bureau, sans aucun paravent.
L’urologue m’invite à m’assoir. Je lui donne le courrier.
Après lecture, il engage la discussion en me demandant depuis quand j’ai ce soucis d’uriner la nuit, si c’est que la nuit ou aussi le jour…
Si j’ai d’autres soucis de santé, des traitements médicamenteux, etc…
Si j’ai dans ma famille des hommes qui ont eu ces soucis…
Après plusieurs minutes de questions, et d’échanges, le moment fatidique arrive...
L’urologue me dit qu’il va examiner ma prostate.. il se lève et me demande de baisser mon pantalon et mon caleçon sans autres informations.
Je retire mes chaussures en restant assis, puis je me lève, je fais à peine un pas et je baisse mon pantalon et mon caleçon devant lui, au milieu de la pièce, dans un mélange de gène et de stress.
Je m’attends à ce qu’il me palpe les testicules en position debout mais il n’en fait rien.
Il me demande de m’allonger sur la table d’examen. Je comprends que je me suis déshabillé trop vite car je ne peux pas marcher vers la table qui est à trois mètres, le pantalon baissé..
Tout gené, je dois me rhabiller pour aller vers la table.
Le médecin aurait pu être plus précis…
Et je recommence, à côté de la table d’examen, je baisse à nouveau mon pantalon et mon caleçon et je m’allonge enfin.
Là, j’essaie de destresser, je pose mes bras le long du corps, tout en regardant le médecin de dos qui enfile des gants en latex..j’entends plus que je ne vois, mais le bruit caractéristique du latex ne me trompe pas.
Ce qui ne m’aide pas à me destresser..bien au contraire.
Il se retourne et me demande de plier les jambes. Je m’exécute. Je me retrouve un peu comme une femme chez le gynécologue sauf que j’ai les pieds posés sur la table d’examen tout près de mes fesses et que mes pieds sont coincés par le pantalon et le caleçon. Ce qui n’est pas une situation naturelle.
Il s’approche de moi sur ma gauche. Je vois furtivement une sorte de pâte blanche sur un doigt ganté, son index.
Je comprend que c’est du lubrifiant.
Il me dit une phrase classique dans cette spécialité : « détendez vous »
Comme si on est détendu, comme si on peut se détendre, avec un inconnu, certes un médecin, mais qui reste un inconnu qu’on a rencontré 10 minutes avant.
Qui te demande de te mettre à moitié à poil, avec le sexe a l’air, les jambes pliés, a présenter ton anus, et qui approche son doigt de ton fondement ..ça fait beaucoup en quelques minutes!
Le pire c’est qu’on se soumet à cet inconnu et qu’on attend l’introduction.
L’urologue pose son doit sur l’anus, je sent une matière humide se poser sur l’anus ainsi qu’une légère pression du doigt à l’entrée de l’orifice.
On a l’habitude d’un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur mais pas l’inverse.
Cela me rappelle un peu les suppositoires.
Après quelques secondes, il me demande de pousser comme si je devais aller à la selle, alors je pousse.
Et là, alors que je pousse, il en profite pour enfoncer son doigt doucement, je sent quelque chose entrer profondément en moi, mon anus se contracte dessus ce qui me fait un peu sursauter. Je n’ai pas mal car il y a du lubrifiant mais c’est une impression étrange et embarrassante.
Il me redit à nouveau « détendez vous » et là, j’arrête de pousser. je sent son doigt appuyer vers le haut sur quelque chose et commencer à palper, à appuyer, à tourner.
Cela me donne à la fois, une envie d’uriner, l’impression que je suis remplit, que je dois aller à la selle, et la sensation que je vais éjaculer si cela continue..
Tout ça à la fois, autant dire qu’on ne sait plus où regarder. D’ailleurs j’ai tourné ma tête sur la gauche pour ne pas croiser son geste ni son regard, pour essayer d’oublier la situation.
Il continue un certain temps, que je trouve assez long.
J’étais enfin détendu mais à un moment, il enfonce son doigt un peu plus, il appuie plus fort vers le haut et le fond, cela me tend et me crispe un peu.
Cela n’a pas duré longtemps.
Je sent qu’il retire doucement son doigt. cela me donne la sensation que je vais déféquer..
il retire enfin son doigt, cela me libère mais en même temps, je serre les fesses car j’ai peur que quel chose sorte..
Il me tend du papier pour essuyer le lubrifiant, en me disant que je peux me rhabiller.
Je me retrouve à essuyer mon pli fessier devant cet inconnu.
Je remonte mon pantalon et mon caleçon et je retourne m’asseoir devant lui.
La, il me dit que son supérieur, le chef de service d’urologie va nous rejoindre. Et en effet, un autre médecin frappe puis entre dans la salle d’auscultation.
Il se présente puis les deux regardent les notes prises par ce 1er médecin.
Je comprend que ce 1er médecin est un interne en urologie, c’est souvent le cas dans les RDV à l'hôpital.
La, le chef m’explique que le toucher rectal indique une prostate normale quoique un peu grosse, sans nodules, donc sans suspicion de cancer. Il me rassure
Le chef me demande si j’ai uriné il y a longtemps, et là, le jeune médecin dit que j’ai uriné juste avant la consultation.
Le chef dit alors qu’on va en profiter pour regarder si ma vessie se vide bien, en faisant une échographie.
Ils se lèvent et me demandent de les suivre dans une autre pièce, je les suit et on entre dans une pièce avec un écran télé et un table d’auscultation. Là, on me demande à nouveau de m’allonger et de remonter mon polo.
Le médecin chef me demande aussi de baisser mon pantalon et mon caleçon jusqu’à mes poils pubiens, puis met du gel sur le bas ventre et vient appuyer et glisser sur la peau avec une sorte de « souris »
Je vois en noir et blanc l’intérieur de mon ventre.
Il me dit que je vide bien ma vessie, et me demande de me rhabiller.
Nous retournons ensuite dans le bureau d’auscultation.
Et là, ils finissent ce 1er RDV en Urologie avec quelques explications et des ordonnances.
Et ils me convient à repartir.
On peut faire toutes les campagnes médiatiques, tous les Movember pour nous habituer, pour démystifier, pour nous rassurer, ce 1er RDV en urologie reste un moment à part, fort gênant, crispant, troublant, embarrassant.
Le TR comme disent les professionnels, le 1er Toucher Rectal, reste quand même un moment à part, un cap à passer, malgré toutes les émissions pour nous pousser à le faire.
Mais au final, ce Toucher Rectal n’est pas douloureux, c’est rapide et cela donne beaucoup d’informations à l’urologue.
On peut éviter de graves maladies et gagner des années de vie en bonne santé grâce à ce 1er RDV en urologie.
Donc, ce serait vraiment bête de ne pas le faire à cause de la honte, de la gêne, de la peur, de préjugées qu’on pourrait avoir.
J’invite tous les Hommes qui se rapprochent de la cinquantaine ou qui ont des symptômes, des ennuis de santé, à prendre RDV avec un urologue, soit à l’hôpital soit dans le privé. Ceux sont des professionnels respectueux, compétents et indispensables à notre santé.
Alors n’hésitez plus, si nécessaire allez consulter un Urologue.
D’ailleurs dans le privé les RDV en urologie sont assez différents, je vous ferais un poste une prochaine fois pour vous l’expliquer.
Pour finir, je ne suis jamais retourné à l’hôpital pour mes RDV annuels en Urologie.
cet interne en CHR à passer un temps bien plus important que les autres urologues que j’ai rencontré ensuite dans le privé, pour faire le Toucher Rectal.
Il apprenait donc il a pris son temps.