Bonjour,
L'année de mes 18 ans, je passe avec mon frère (16 ans) ma dernière visite chez le pédiatre. Rétrospectivement, nous n'en gardons pas un mauvais souvenir. Elle m'aura permis d'obtenir -enfin- des informations sur ma sexualité, alors qu'à la fac les premières rencontres amoureuses et les questions qui vont avec, se produisent déjà. Evidemment, ce ne sont que des souvenirs, mais je n'écris que ce que j'ai vécu. Je peux donc me tromper ou me montrer imprécis et je demande l'indulgence des membres de ce forum !
Dernière visite chez le pédiatre.
Nous habitons La Celle Saint-Cloud (78 ). Février 1978, j’ai dix-huit ans depuis deux mois, mon frère vient d’avoir seize ans. Ma mère m’informe qu’elle a pris RV pour nous deux chez le professeur V., notre pédiatre qui nous voit tous les deux ou trois ans. Je tente de protester en expliquant que j’en ai dix-huit, que je suis suivi à la fac et que j’ai passé l’âge d’être examiné nu devant mes parents. Ma mère me répond qu’elle n’a plus pensé à la différence d’âge et qu’il n’y a pas de honte à être nu devant ses parents. Mon père élude : « De toute façon, cela ne te fera pas de mal de passer cette visite médicale. Il y a des choses plus graves que cela dans la vie. » Je n’insiste pas. Il ne me viendrait pas à l’esprit de protester davantage, encore moins de refuser d’aller à ce RV. A cette époque, dans notre milieu, on obéit à ses parents (même nouvellement majeur) et je n’ai pas un tempérament de rebelle.
Le jour dit, un samedi matin, nous voici dans la salle d’attente du docteur V. Son cabinet est installé dans un bel appartement du 16ème arrondissement, avenue Henri Martin. Le pédiatre fait son apparition et nous explique qu’il va me recevoir seul, puis mon frère, enfin tous les quatre. Je le suis dans son cabinet. Il me présente son assistant, interne à Paris. L’entretien est rapide mais complet : santé, études, activités, sport. Puis il me demande si j’ai déjà vécu des relations sexuelles. Je réponds que non. Il n’y avait pas de cours sur le sujet au lycée et je n’ai jamais osé en parler avec mon père (je n’ai que de vagues notions). Le médecin me propose une information un peu détaillée. Je n’ose pas refuser et dois me déshabiller. Je suis maintenant nu devant lui ; il m’explique le déroulement de l’acte sexuel, ce que sont l’érection et l’éjaculation et me donne quelques conseils. Rhabillé, j’attends au secrétariat et je repense à cet entretien : il n’a pas été inutile. Je retrouve bientôt le médecin avec mon frère et mes parents. Mon frère et moi restons silencieux ; nous savons ce qui nous attend.
La consigne tombe vite : « Messieurs, vous vous déshabillez pour l’examen ?! ». La question ne demande pas de réponse. Elle signifie ‘à poil’. Nous hésitons quelques secondes. Mon père ajoute : « Allez les garçons, dépêchez-vous, mettez-vous tout nu ». Résignés, nous déposons sur notre chaise veste, cravate, chemise, ôtons nos chaussures, retirons notre pantalon, nos chaussettes et notre slip et enlevons montre et médaille. Nous sommes maintenant entièrement nus face à nos parents, au médecin et à son assistant. « Placez-vous l’un à côté de l’autre face à moi, les pieds à dix heures dix, les bras le long du corps et la tête droite ». Il nous regarde de la tête aux pieds, de face, de dos, de profil.
Ensuite, nous urinons chacun dans un flacon, puis vidons notre vessie aux toilettes du secrétariat. Puis l’interne me pèse (68 kg dans mon souvenir) et me mesure (1,81 m, puis tour de tête, d’épaule, de poitrine, du ventre), pendant que mon frère passe un test de vision, puis on change. Le médecin nous examine : jambes écartées, bras le long du corps ou mains derrière la tête, tout y passe, les cheveux, les yeux, les oreilles et les narines, bouche, langue et dentition, le cou, les aisselles.
Le professeur tape avec ses doigts sur notre torse et notre dos avant de nous ausculter de face et de dos. Puis, nous devons nous pencher et toucher nos pieds avec nos doigts, pendant qu’il passe la main sur notre colonne vertébrale de la nuque à la raie des fesses, puis marcher sur une ligne peinte sur le sol, normalement, puis pas à pas et reculer de même, Ensuite, mains sur les hanches, nous nous penchons d’un côté puis de l’autre, levons chaque jambe devant soi puis sur le côté, puis effectuons des flexions-extensions.
Nous passons dans la pièce voisine. Nous ressentons le froid du carrelage sous nos pieds nus. L’un après l’autre, nous nous collons dos puis face à l’appareil de radiographie et le médecin descend l’écran pour étudier notre squelette. Ensuite, couché sur une table d’examen, l’interne prend notre tension et notre température et nous fait passer un électrocardiogramme.
Après quoi, nous regagnons le cabinet. L’examen se poursuit. Nous nous allongeons sur la table d’examen sur le dos, puis sur le ventre : palpation du torse, de l’estomac, du bas ventre, des reins, de la vessie. Puis le médecin fait mouvoir nos jambes, nos chevilles et nos bras, examine nos pieds, nos orteils, nos mains. Assis au bord du lit, il teste nos réflexes rotuliens. La visite se termine par l’examen de nos parties génitales. Mon frère passe le premier puis c’est mon tour. Le médecin saisit mon sexe, l’examine, le décalotte, puis s’empare de mes testicules, les fait rouler entre ses doigts, examine le canal inguinal (je dois tousser). Puis, je dois écarter mes fesses. Cette fois, c’est fini ; nous pouvons nous rhabiller. Le pédiatre précise à mes parents que nous sommes en pleine forme et qu’il considère que son rôle est terminé, nous renvoyant à notre généraliste en cas de besoins. Je ne peux retenir un sourire. C’est la dernière fois que je me suis trouvé à poil devant mes parents.
Bonne lecture et bonne semaine.
Barr