Bonjour,
je me souviens de deux bizutages, le premier à Sciences Po Paris en 1981, l'autre à B. dans le Béarn pour mon admission dans le club de rugby de la ville.
Je vous raconterai le premier très soft et plutôt original une prochaine fois. Dans un cas comme dans l'autre, le bizutage ne m'a jamais été imposé et j'ai toujours donné mon consentement. J'ajoute que dans un cas comme dans l'autre, aucune épreuve d'ordre sexuel n'était prévue, épreuve que j'aurais refusé de toute façon. Pour l'admission au club de rugby, ma dignité en a pris un coup, mais c'était la loi du genre à l'époque, acceptée et vécue dans la bonne humeur (aujourd'hui, c'est plus cool) et au final, je n'ai pas ressenti d'humiliation, même si ce fut un peu douloureux... pour mes fesses.
Bonne lecture.
Barr
Bizutage béarnais
Février 1995, j'ai trente cinq ans. Cela fait deux ans que je suis secrétaire général adjoint de la commune de B. dans le Béarn. Je reçois vers la fin du mois une délégation de joueurs du club de rugby de la ville. Ils me proposent d’être admis officiellement avec Mathias T. dans le club et de recevoir la tenue des joueurs. Mathias T., le directeur de la ‘com’ de la ville et moi sommes de fidèles supporters de l’équipe que nous aidons activement. Je dois m’engager à subir des épreuves d’intégration et à ne rien dévoiler par la suite du déroulement de la réception. J’accepte mais précise que je refuserai toute épreuve à caractère sexuel. Je signe mon engagement, et donne mes mesures et pointure pour la tenue.
Le lendemain, j’informe Bruno L. mon assistant ; il est footeux mais connaît bien l’équipe. Il me dit que j’ai eu raison d’accepter. Je l’interroge ensuite sur les ‘épreuves d’intégration’. Il me répond qu’elles sont plutôt viriles et que d’habitude, elles se passent à poil. Il confirme qu’elles n’ont rien de sexuel. Je n’en saurai pas plus, Mathias non plus. Beaucoup de cousins ou de copains ont été bizutés à la fac ou en grande école ou encore dans le milieu sportif. Je sais donc à quoi m'en tenir : comme pour tous les bizutages, ma dignité et mon amour-propre vont en prendre un coup.
Le jour dit, Mathias et moi arrivons au local du club, dans l'enceinte du stade. Pour faire honneur à l’équipe, nous sommes venus en veste et cravate. Sans être inquiets, nous appréhendons un peu la suite quand même. Nous sommes accueillis par les assistants du maître de cérémonies. Ce dernier nous salue et nous déclare que nous ne sommes que de misérables gueux (cela promet !). Nous devrons nous présenter humblement devant le capitaine pour solliciter notre admission. Il termine de façon plus prosaïque : « Pour vous apprendre l’humilité, nous allons vous préparer : vous serez déshabillés, vos cheveux seront coupés, votre corps rasé. Nous savions que nous finirions à poil ; nous ne sommes pas déçus. Autant faire contre mauvaise fortune bon cœur !
Le maître de cérémonie m’empoigne les cheveux : « Baisse la tête ». Puis il me déshabille : veste, cravate, chemise tombent au sol puis il ôte mes mocassins et mes chaussettes, enlève ma ceinture, mon pantalon et mon slip et retire ma montre. Un assistant s’occupe de Mathias. Nous sommes maintenant tous les deux complètement nus, tête basse comme des gamins punis. « A genoux ! » Les assistants nous coupent les cheveux à la tondeuse. A la fin, il nous en reste un centimètre, pas plus qu’au service militaire. « Debout, écartez vos jambes ». L’opération rasage commence : bras, jambes, aisselles, torse, puis bas ventre, sexe, testicules et fesses, tout y passe. Vierges de toute pilosité, nous voici comme des enfants. Enfin, nos poignets et nos chevilles sont attachés par des cordelettes, une autre nous lie tous les deux par le cou.
Nous sommes conduits au vestiaire. Nous tâchons de faire bonne figure en souriant. Tous les joueurs sont là, titulaires, remplaçants, membres du staff, tous en tenue. Une ovation nous salue. Nous nous agenouillons, tête baissée, devant le capitaine. Il nous demande ce que nous voulons. Chacun débite son texte. « Je m’appelle J.-F. M. Je ne suis qu’un misérable gueux mais je sollicite humblement de votre part la faveur d’être admis dans le club de rugby de B. » Le capitaine accepte nos demandes et précise que nous devrons passer trois épreuves avec succès.
La première est menée par le médecin du club. Chacun peut commenter nos résultats. Une balance, une toise, une table d’auscultation ont été installées au milieu de la pièce. Tous les deux, nous sommes déliés, pesés et mesurés dans tous les sens : « La bite ! » Mon sexe et mes testicules sont évalués au cm. près. Nous sommes auscultés de face et de dos. Allongés sur la table, le toubib nous palpe, prend notre température et notre tension. Ensuite, nous passons des épreuves d’effort : 30 pompes, 30 abdos, 30 flexions-extensions, 30 passages à l’espalier, jambes à l’horizontale... Nous avons un peu de mal à arriver au bout. Puis, chacun de nous pisse dans un gobelet qui passe de mains en mains avec commentaires à l’appui ! L’assistance réclame : « Le lavement ! » Etendu en chien de fusil, je sens l’eau pénétrer dans mes fesses. Je me vide, accroupi au-dessus d’une bassine en verre. Au tour de Mathias ; nos bassines circulent dans l’assemblée… Avec l’accord du médecin, le capitaine déclare l’épreuve réussie. Et d’une.
La deuxième se déroule dans la cour, au garde à vous avec interdiction de bouger. Les assistants du maître de cérémonie nous renversent sur le corps des seaux de farine, de moutarde, de sauce tomate, de mayonnaise. Ils nous couvrent de vinaigre, d’huile et de nuoc mam, nous écrasent des œufs sur le corps. Nous empestons et nous avons du mal à rester stoïques. L’assistance crie : « Le dessert ! » Des tartes à la crème sont plaquées sur notre tête, notre visage, notre poitrine, notre sexe, notre dos et nos fesses. Le capitaine déclare « Chacun de vous doit en manger deux sur le corps de l'autre mais sans les mains. Plusieurs tombent d’elle-même. Seules subsistent sur Mathias celles qui ‘ornent’ son visage et ses fesses. Cela me dégoûte un peu mais j’arrive à finir. Mathias mange celles collées à ma poitrine et mon dos. Le capitaine prend la parole « Deuxième épreuve réussie ». Le tuyau d’arrosage et la poudre à récurer entrent en action. L’est est super froide mais nous retrouvons figure humaine et nous séchons.
Nous regagnons le vestiaire et nous agenouillons. Le capitaine présente la dernière épreuve « Vous allez subir la fessée d’intégration. Vous tirerez au sort le nom de votre fesseur et le nombre de claques (entre 20 et 50). Après quoi, vous aurez le droit de condamner l’un d’entre nous à subir le même sort. Mon fesseur s’appelle Christophe P. (c’est l’un de mes assistants), j’écope de quarante claques. Sébastien M. s’occupera de Mathias (trente claques).
Je rejoints Christophe tout sourire (on n’a pas tous les jours l’occasion de donner une raclée à son patron !) et je m’allonge en travers de ses genoux. « Vous êtes prêts ? – Va-s-y ! ». Christophe frappe fort. Quelques coups m’arrachent un cri et je me relève les yeux embués. Le capitaine me demande « Qui as-tu choisi ? – Christophe. » Je le toise : « A ton tour ! » Je m’assois, il est debout devant moi et n’en mène pas large. « Déshabille-toi ! » L’assistance me soutient : « Christophe à poil ! » Il n’a pas le choix et sait ce qui l’attend. Il est maintenant torse nu, pieds nus, en slip. Je saisis l’élastique de son boxer qui tombe à ses pieds. Il s’allonge en travers de mes cuisses. Les claques tombent aussitôt. Je frappe fort moi aussi. A la fin, il suffoque et peine à retenir ses larmes. Il se relève. Nous nous faisons face, tous les deux nus et les fesses en feu. « Putain, vous frappez fort – Toi aussi, sans rancune ? – Sans rancune. » Nous nous serrons la main. C’est maintenant au tour de Mathias et Sébastien, l’un après l’autre.
Le capitaine se lève et reprend avec son ton sentencieux et son accent du sud-ouest : « Agenouillez-vous tous les deux. Vous avez subi avec succès et dignement les épreuves d’intégration. Vous êtes maintenant membres de notre club. Il nous relève l’un après l’autre et nous embrasse. Puis Mathias et moi nous nous serrons dans nos bras sous les applaudissements du club. Enfin, nous recevons notre tenue : slip, short, maillot, chaussettes, chaussures. Christophe et Sébastien, entre temps rhabillés, nous aide à la revêtir. Puis avec tous les membres du club, nous embrassons le ballon. Avec force embrassades et tapes dans le dos, nous gagnons le chapiteau pour partager un fabuleux repas de 3ème mie temps, copieusement arrosé.
Le lendemain matin, Bruno vient me voir et commente ma nouvelle coupe : « Ils ne vous ont pas raté. – Et tu n’as encore rien vu. – Ils vous ont rasé ? – Complètement ! Ferme la porte ». Bruno et moi jouons au squash et la nudité ne nous gêne pas. Je suis maintenant à poil devant lui ; il me regarde et ajoute « Je le savais, mais je ne pouvais rien vous dire. » Il essaie de me faire raconter la soirée : je me contente de sourire ; j’ai promis de garder le secret.