Vues: 458 Created: 2014.10.04 Mis à jour: 2014.10.04

Don du sperme

Chapitre 1

C’était la première fois que je devais donner mon sperme.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de nos coutumes, je rappelle que les enfants ne sont plus portés par les femmes, mais qu’ils grandissent dans des matrices artificielles, conçus avec des gamètes soigneusement sélectionnés afin d’obtenir les êtres les plus parfaits possibles. J’avais de fortes chances d’être un de ces reproducteurs car j’avais eu d’innombrables examens médicaux au cours de mon enfance et de mon adolescence. J’avais reçu la confirmation définitive il y a un mois environ, j’avais été choisi et j’allais devoir me rendre chaque mois au centre d’insémination. En théorie ce n’était pas obligatoire, mais personne n’aurait renoncé à un tel honneur, même si l’on ne remboursait que les frais de voyage. Je pouvais y aller en métro, celui-ci était gratuit depuis un siècle, lorsque les automobiles avaient été bannies définitivement des villes. Je n’allais pas recevoir un seul centime.

J’avais lu beaucoup d’articles sur le don du sperme. Les personnes disaient que c’était beaucoup plus intense qu’un orgasme avec un autre être humain, j’étais donc assez impatient, d’autant plus qu’on m’avait demandé de m’abstenir pendant trois jours avant la visite, ce qui était assez éprouvant à mon âge.

J’entrai dans le centre d’insémination. Grâce à la puce qui était insérée dans mon corps, le système d’accueil contrôla immédiatement mon identité et je vis sur un écran le numéro de ma cabine, la 28. Je suivis un long couloir et j’arrivai vers la porte portant ce numéro, elle s’ouvrit automatiquement, j’entrai, elle se referma. Un panneau indiquait que je devais me déshabiller entièrement. Dès que je fus nu, une autre porte s’ouvrit, j’entrai. Je me trouvais dans une sorte de sas. La porte se referma, une voix synthétique me demanda de décalotter mon gland. Je fus aspergé par une douche très rapide, avec des jets puissants sur mon pénis et mon anus, je sentis l’odeur d’un produit désinfectant. De l’air chaud me sécha ensuite, puis je ressortis de l’autre côté.

Je me trouvais maintenant dans le local pour le don. Une marque sur le sol indiquait où je devais poser mes pieds. Je me positionnai. En face de moi, deux bras télescopiques, l’un avec une sorte de main, l’autre tenant une sorte de tube muni d’une ouverture qui me fit penser à un jouet sexuel. Une voix synthétique me demanda de croiser mes bras sur la poitrine et de ne plus bouger.

La lumière s’éteignit et je fus entouré d’images. C’étaient celles de mes phantasmes préférés, je me demandai comment ils les connaissaient. Je sentis un objet me pénétrer dans l’anus. Ils allaient ainsi aussi s’occuper de cette ouverture, pour me prendre la température ou me stimuler ? La main du robot prit délicatement mon pénis et fit glisser le prépuce, puis l’enfila dans le tube.

À ce moment-là mes sensations devinrent incroyables, indescriptibles, je n’avais effectivement jamais vécu cela. Je ne sais pas combien de temps dura la séance. J’étais submergé par mes propres phantasmes qui défilaient devant mes yeux, mieux ils envahissaient tout mon corps. Je fus de nombreuses fois prêt à jouir, mais le masturbateur automatique ralentissait ses caresses et l’excitation retombait un peu.

Je finis par avoir une très longue éjaculation, je sentis le sperme jaillir de mon méat en de longues rafales.

Tout finit abruptement. La lumière se ralluma. La porte de la douche était déjà ouverte. On me lava à nouveau, pour faire disparaître les traces. Je me retrouvai au vestiaire pour me rhabiller.

Un écran affichait déjà la quantité de sperme récoltée, le nombre de spermatozoïdes, la durée de l’orgasme et d’autres données médicales : le pouls, la température, la tension artérielle, la température. On me signalait que ces données étaient disponibles sur le site du centre d’insémination sous mon numéro de client. J’allais pouvoir contrôler les variations d’un mois à l’autre. Je savais déjà qu’une baisse de qualité m’exclurait définitivement du don.

Un dernier chiffre me troubla : on m’indiquait que 10 enfants seraient conçus avec cet échantillon. J’allais être père pour la première fois, mais je n’allais jamais connaître mes enfants. Il y avait bien longtemps que le modèle traditionnel de la famille avait disparu, les enfants naissaient et vivaient dans des élevages.

Comments

arthur Il ya 7 ans
clyso Il ya 7 ans
en français Il ya 7 ans
Woyzeck Il ya 7 ans
en français Il ya 7 ans